Pourquoi le thème « RésistanceS » en 2026

Alors que les droits des femmes reculent dans de nombreux pays, y compris au sein d’États démocratiques, les associations féministes liégeoises organisent chaque année un événement qui place ces enjeux au cœur du débat public et politique. La Cycloparade rappelle que l’égalité n’est jamais acquise et qu’elle nécessite une vigilance collective permanente.

Comme l’écrivait Simone de Beauvoir :

« N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant. »

Pour cette 9ᵉ édition, les associations ont choisi d’axer la mobilisation sur le thème RésistanceS.

Nommer un contexte de backlash conservateur

Nous faisons face à une montée des discours antiféministes et à une remise en cause d’acquis fondamentaux. La rhétorique masculiniste se banalise sur les réseaux sociaux, l’EVRAS est attaquée et les structures œuvrant pour l’égalité voient leur financement fragilisé.
Une étude française récente indique que 40 % des jeunes de 16 à 24 ans considèrent les réseaux sociaux comme leur principale source d’information sur la virilité, la séduction, la sexualité et les relations entre les genres (Sidaction, 2025). Ces espaces numériques jouent donc un rôle central dans la construction des normes relationnelles, là où les discours masculinistes sont les plus diffusés.
Les jeunes femmes y subissent par ailleurs des formes inédites de violences numériques.
Parler de résistance, c’est nommer ces dynamiques régressives et donner aux femmes des outils pour y faire face.

► Au village associatif, vous trouverez plusieurs animations sur le sujet : Punch ton mascu ! chez Soralia Liège, Animation Red Flag chez Latitude Jeunes…

Refuser l’invisibilisation des violences

Malgré des avancées législatives, les violences envers les femmes restent massives : féminicides, violences conjugales, harcèlement de rue, cyber-harcèlement.
Selon l’OMS, une adolescente belge sur cinq est victime de violences physiques et/ou sexuelles de la part de son partenaire avant 20 ans (OMS, 2024).
La notion de résistance permet de reconnaître les stratégies de protection développées au quotidien par les femmes, souvent minimisées ou pathologisées. Elle valorise leur expertise de survie et leurs tactiques de contournement face aux systèmes oppressifs.

► Au village associatif, vous trouverez plusieurs animations sur le sujet : avec le CVFE, photolangage et roue quiz sur la prévention et réduction des risques en milieux festif avec Liège Province Festive.

Résister aux précarités structurelles

Certaines politiques publiques affectent particulièrement les femmes : précarisation accrue des mères isolées, mise en danger des femmes migrantes, inégalités économiques persistantes.
Les associations féministes créent des espaces où ces résistances individuelles peuvent être partagées, politisées et transformées en revendications collectives.

► Au village associatif, vous trouverez plusieurs animations sur le sujet : On parle du minerval à 1200 €chez Comac, de l’impact des politiques éducatives sur les femmes avec Université en colère et Enseignement en colère, de l’accès des femmes à l’entrepreunariat avec Bo’Mwasi…

Un levier d’empowerment collectif

La résistance n’est pas uniquement défensive. Elle est aussi créative et transformatrice.
Elle permet de passer de la victimisation à l’action collective, de cultiver la fierté et la sororité et de transmettre une mémoire féministe trop souvent effacée. Elle répond également au besoin d’ancrage historique exprimé par les jeunes générations.

S’inscrire dans l’histoire des luttes

Réactiver la notion de résistance, c’est relier les combats actuels à ceux qui ont permis la démocratie, le droit de vote des femmes, l’accès à la contraception ou la dépénalisation de l’avortement.
C’est aussi s’inscrire dans les mobilisations contemporaines transnationales telles que #MeToo ou les grèves féministes.

► Au village associatif, vous trouverez plusieurs animations sur le sujet : découvrez les pionères de l’inclusion avec Esenca

Un contexte international préoccupant

La montée de l’extrême-droite et la radicalisation de certains discours visent directement les femmes « progressistes » et celles qui défendent des sociétés démocratiques. Dans ce contexte, les associations jouent un rôle de vigie, d’alerte et de transmission.

Pourquoi « RésistanceS » en 2026

Travailler sur la résistance aujourd’hui, c’est à la fois répondre à l’urgence du moment et préparer les transformations de demain. La Cycloparade 2026 veut rendre visibles ces résistances quotidiennes, les relier entre elles et rappeler qu’aucun droit n’existe sans mobilisation collective pour le défendre.